Médias sociaux et pratiques communicationnelles : Une approche contextuelle des collectivités de l’Île de Djerba (Tunisie)

Informations

Type d'actualité :

Soutenance (Thèse)

Candidat :

Bouchaddakh Taha

Équipe :

Technologies et communication

Université de rattachement :

Université de Strasbourg

Date :

Le 16-Nov-2026

Titre :
Médias sociaux et pratiques communicationnelles : Une approche contextuelle des collectivités de l’Île de Djerba (Tunisie)
Direction :
Philippe Viallon
Thèse en cotutelle :
Elizabeth Gardère - Université de Bordeaux
Composition du jury :
  1. Mme Catherine LONEUX, Professeure à l’Université de Rennes 2 – rapporteure
  2. M Gilles BRACHOTTE, Professeure à l’Université de Bourgogne Europe – rapporteur
  3. M Mohamed HELLAL, Maitre de conférence, Université de Sousse (Tunisie)
  4. Mme Sondess BEN ABID, Professeure à l’Universite de Haute-Alsace
  5. M Jean-Charles LAMIREL, Maitre de conférence à l’Université de Strasbourg, IUT Schuman

Cette thèse analyse les pratiques de communication publique numérique locale des municipalités de l’île de Djerba (Tunisie) — Houmt Souk, Midoun et Ajim — à travers leurs pages Facebook officielles, durant une période de six mois encadrant la dissolution des conseils municipaux du 8 mars 2023. Inscrite à l’intersection des sciences de l’information et de la communication, de la science politique et de la sociologie des usages, elle interroge les conditions dans lesquelles la communication institutionnelle sur les plateformes socionumériques peut constituer un vecteur de participation citoyenne effective dans un contexte de décentralisation inachevée.

S’appuyant sur un design quasi-expérimental centré sur cet événement politico-institutionnel majeur, l’analyse compare deux séquences temporelles symétriques de trois mois (T–3 / T+3). Le dispositif méthodologique repose sur la plateforme DNA (Djerba-Digital Networks Analytics), développée spécifiquement pour cette recherche, qui combine traitement automatisé et codage manuel instrumenté d’un corpus de publications, commentaires et réactions citoyennes. Quatre indicateurs composites originaux structurent l’analyse : l’Indice d’Asymétrie Interactionnelle (IAI), l’Indice de Déficit de Reconnaissance (IDR), l’Indice de Polarisation des Publications (IPP) et l’Indice d’Asymétrie des Dynamiques Participatives (IADP).

Les résultats révèlent un espace public numérique local structurellement asymétrique : entre 79 et 92 % des commentaires critiques demeurent sans réponse institutionnelle. La communication municipale, essentiellement descendante et gestionnaire, n’atteint que les échelons 3–4 de l’échelle d’Arnstein (information et consultation symbolique). La dissolution du 8 mars 2023 produit des effets de surface mesurables sans reconfigurer les logiques communicationnelles structurelles. Un isomorphisme institutionnel explique la convergence des pratiques entre les trois communes malgré leurs profils différenciés.

Ces résultats convergent vers un modèle analytique original — le Modèle de la Participation Sans Prise (MPSP) — qui conceptualise la participation numérique citoyenne comme structurellement bloquée par la convergence de trois logiques : une accountability institutionnelle orientée vers la tutelle étatique ; des architectures algorithmiques fragmentant l’espace de discussion ; et une culture administrative centralisée héritée que la décentralisation tunisienne n’a pas suffi à transformer

Mots-clés :
communication publique locale, participation citoyenne, plateformes socionumériques, Facebook, Tunisie, Djerba, asymétrie interactionnelle