Catherine MILON
Membre permanent
Statut :
ATER (CNU : 19)
Equipe :
Apprentissages, pratiques d’enseignement et d’éducation
Rattachement académique :
Université de Lorraine
Courriel :
catherine.milon@univ-lorraine.fr
Lieu de travail :
STAPS
Thématiques
sociologie de la santé, sociologie du corps et de la grosseur, inégalités sociales de santé, socialisations minoritaires
Titre de la thèse
Des renaissances sous contrainte. L’expérience de la chirurgie bariatrique dans les parcours de vie des femmes grosses.
Résumé
En France, la prévalence de l’“obésité” est en constante augmentation. Face à cette supposée épidémie, le recours à la chirurgie bariatrique (ou chirurgies de l’obésité : sleeve, bypass, etc.) augmente fortement (environ 50 000 interventions tous les ans). Dans ce contexte, la connaissance sur la grosseur et sur la chirurgie bariatrique reste largement dominée par les sciences biomédicales.
En sciences sociales, les travaux existants se sont surtout intéressés aux politiques de santé publique, aux pratiques alimentaires et aux professions médicales. En revanche, on dispose de peu d’informations sur l’expérience incarnée et le vécu des personnes grosses, notamment celles qui ont recours à la chirurgie bariatrique. C’est dans ce contexte que s’inscrit cette thèse, qui, dans le sillage des travaux des Fat Studies, propose de replacer l’expérience des personnes concernées au cœur de l’analyse. Trois objectifs structurent cette recherche.
D’abord, il s’agit de rendre compte des parcours de vie, en adoptant une approche temporelle qui permet d’observer comment la stigmatisation et les inégalités liées au poids façonnent des socialisations corporelles et sanitaires spécifiques, souvent marquées par des subjectivités souffrantes.
Ensuite, la thèse examine le passage par la chirurgie bariatrique, souvent décrit comme une renaissance, et l’aborde comme un événement biographique qui peut, ou non, reconfigurer ces parcours. L’enjeu est de comprendre quelles transformations opèrent – ou non – à la suite de cette intervention.
Enfin, cette recherche s’intéresse à la manière dont ces parcours d’amaigrissement (et leur réussite perçue) sont structurés par des inégalités sociales. La perte de poids et ses effets dépendent toujours de facteurs sociaux et biographiques, notamment liés au genre, à la classe sociale et aux temporalités de la prise de poids.
L’enquête repose sur une approche qualitative combinant 50 entretiens avec des femmes ayant subi ou projetant une chirurgie bariatrique, et une ethnographie virtuelle au sein de communautés en ligne. Ce dispositif permet de saisir à la fois les récits biographiques et les dynamiques collectives autour de la chirurgie et de l’expérience de la stigmatisation.
Thèse de sociologie préparée sous la direction de Marc Bessin (CNRS/EHESS/Iris) et d’Hélène Bretin (USPN/Iris) jusqu’en 2023 puis sous la direction de Nathalie Bajos (Inserm/EHESS/Iris) et d’Hélène Bretin (USPN/Iris), Ecole doctorale 286 – EHESS
Articles dans revues à comité de lecture
- Milon, C. (2025). Une analyse biographique des socialisations « traumatiques » à l’activité physique chez les femmes grosses concernées par une chirurgie bariatrique. Staps, 153(5), 75-95. https://doi.org/10.3917/sta.153.0075
- Milon, C. (2023). Subjectivations cutanées suite à une perte de poids massive. La Peaulogie – Revue de sciences sociales et humaines sur les peaux, Le surplus par la perte. Représentations et physicalité de l’excédent de peau non intentionnel, 10. 〈halshs-04379005〉
- Milon, C. (2022). “Ce(lles) que la visioconférence rend visible(s)”, Socio-anthropologie, 45 | 179-195.
Chapitre d’ouvrage
- Milon, C. (2025).« Repenser la grosseur en sciences sociales », dans Arnaud Alessandrin, Blandine Cherifi, Maud Monsaingeon-Henry, Marielle Toulze, Thibaut Bossy et Anastasia Meidani (dir.), Lutte contre l’obésité, lutte contre la grossophobie, Bordeaux, Le Bord de l’eau, coll. « Documents », 193 p.
Recension d’ouvrage
- Milon, C. (2022). Solenne Carof – Grossophobie – Sociologie d’une discrimination invisible, 2021, Paris, Maison des Sciences de l’Homme, 240 p. Cahiers du Genre, n° 73(2), 300-303. https://doi.org/10.3917/cdge.073.0300.








